Actualités
.
Présentation
.
DEA
2002-2003
2001-2002
2000-2001
.
Rencontres
2002-2003
2001-2002
.
Formations
calendrier,
documents
.
normes éditoriales d'Hypothèses
version pdf

 

Hypothèses, la revue
.
de l'École Doctorale d'Histoire
.
éditée par les
Publications de la Sorbonne
publisor@univ-paris1.fr
212 rue Saint-Jacques
75005 Paris
le 22 avril 2003

1997...1998...1999...2000...2001 .2002

Les sommaires, les préfaces (en texte intégral) et la liste des thèses de Paris 1 publiée dans la Revue



Sommaire de Hypothèses 1997

Préface de Denis WORONOFF


Rites, rituels et histoire
Séminaire de l'École Doctorale coordonné  Nicolas OFFENSTADT
 

  • Le rite et l'histoire. Remarques introductives Nicolas OFFENSTADT.
  • Vie et mort d'un rituel romain. Le lectisterne Sylvia ESTIENNE.
  • Les enjeux sociaux du rite : l'exemple de la fête d'halloween Adrien LHERM
  • Des rites de l'événement à l'événement ritualisé. L'effacement interprétatif d'une révolution : le 4 septembre 1870 Olivier LE TROCQUER
  • L'objet dans le rite. L'exemple des reliques des rois Sakalawa Marie-Pierre BALLARIN
  • Cris et cloches. L'expression sonore dans les rituels de paix à la fin du Moyen Âge Nicolas OFFENSTADT
  • Morphologie des comportements et induction de croyances. Quelques remarques à propos de l'exemplaire circularité de la fonction intégratrice des rites Nicolas MARIOT
  • L'eau conquise - pratiques et représentations
    Séminaire de l'École Doctorale coordonné par Anne CONCHON
     

  • L'eau et l'historien. Présentation de la séance Anne CONCHON
  • Les Cisterciens et l'eau : l'exemple de l'abbaye de Vauluisant aux XlIe et XIIIe siècles Joséphine ROUILLARD
  • Droits de péages et pouvoirs sur la rivière (XVIIe-XVIIIe siècles) Anne CONCHON
  • De la promenade en bateau au canotage à Paris et ses environs (XVIIIe-XIXe siècles) Frédéric DELAIVE
  •  Les premières naumachies romaines et le développement de la
  •  mystique impériale (46 av. J.-C.- 52 ap. J.-C.)  Anne BERLAN
  •  Les eaux de Versailles sous Louis XIV  Éric SOULLARD
  •  Conclusion  Isabelle BACKOUCHE

  •  

    Questions posées à la sociabilité des intellectuels
    Séminaire de l'École Doctorale coordonné par Jean-Luc CHAPPEY et Stéphane VAN DAMME
     

  • La sociabilité intellectuelle. Les usages historiographiques d'une notion Stéphane VAN DAMME
  • L'apprentissage de la sociabilité dans les collèges parisiens à la fin du Moyen Âge  Thierry KOUAME
  • Sociabilité, amitié et espace littéraire au XVIIe siècle. Les lettres de Jean-Louis Guez de Balzac à Valentin Conrart  Nicolas SCHAPIRA
  • La géographie des voyageurs à la fin du Moyen Âge Guillaume BOUREL
  • La science de l'homme du Consulat à l'épreuve de la sociabilité Jean-Luc CHAPPEY
  • "L'esprit des années 30" à l'épreuve de la sociabilité Philippe OLIVERA
  •  Conclusion  Jean-Luc CHAPPEY

  • Histoire intellectuelle : quelques problèmes
     Journée d'étude organisée par Dominique MARGAIRAZ et Claude MOATTI
    Les Tendances actuelles de la recherche historique en Allemagne
     Table ronde animée par Denis WORONOFF
    Lexicographie, histoire et informatique
     Stage animé par Jean-Philippe GENET et Giulio ROMERO PASSERIN D'ENTREVES
    Les images, sources d'histoire
     Stage animé par Denis WORONOFF
    Thèses et habilitations à diriger des recherches soutenues en 1996-1997
    Sujets de thèses déposés en 1996-1997

    Préface

    Pourquoi ces Hypothèses ? Il a semblé utile que l'École doctorale d'histoire de l'Université de Paris 1 présente désormais chaque année un condensé de ses travaux, de façon à mieux faire connaître ces activités collectives. Formellement, l'École doctorale se définit par son flux d'entrée - l'inscription en doctorat - et son flux de sortie - la soutenance de la thèse - soit, dans l'intervalle, environ cinq cents apprentis chercheurs. Mais, dès l'année du D.E.A, et tout au long du parcours, elle a pour mission de contribuer à la formation et à la professionnalisation du plus grand nombre possible de ces diplômitifs et de ces doctorants. Bien sûr, l'essentiel de cette tâche repose sur les formations doctorales dont l'École est le rassemblement : "Histoire et civilisation de l'Antiquité", "Histoire du monde byzantin, post byzantin, de l'Orient latin et du monde arabo-musulman", "Histoire des sociétés pré-industrielles du monde occidental", "Histoire sociale et culturelle, XIXe-XXesiècles", "Histoire économique et sociale des pays industrialisés, XIXe-XXe siècles", "Histoire contemporaine des mondes étrangers et des relations internationales", "Histoire de l'Afrique". Pourtant, il reste nécessaire d'organiser une initiation à des outils de recherche communs à la discipline historique et de proposer des occasions de rencontres transversales, de façon que l'approfondissement des recherches n'isole pas chacun dans sa période et ne lui fasse méconnaître l'unité du champ historique.
    L'objectif ainsi délimité, il convenait de proposer des formules légères, compte tenu de l'enseignement déjà dense délivré par les formations doctorales. À l'origine, il a paru que l'intervention propre de l'École doctorale pouvait se centrer sur le métier d'historien, chaque période apportant son éclairage spécifique. Ainsi, en 1994-1995, à l'initiative d'Antoine Prost, les trois séances du séminaire général ont traité des thèmes suivants : "Histoire, mémoire, oubli", "Problématiques actuelles, conceptions d'époque", "Les silences des sources". L'année suivante, sur le même principe d'une approche à plusieurs voix, on a préféré travailler sur un seul thème, "Histoire et espaces", également situé dans la longue durée. Un stage, consacré à la cartographie historique, a clos le cycle. Hypothèses 1997 réunit les travaux de l'École doctorale pour l'année écoulée. La variété accrue des centres d'intérêt ne traduit pas une offre trop exubérante mais une demande explicite de jeunes chercheurs, qui ont pris eux-mêmes en charge une partie de ces activités, jusqu'à la présente publication. Une forme de co-gestion s'est donc instaurée, sans  doute banale dans les écoles doctorales de sciences exactes mais plus rare, on en conviendra, dans l'antique Sorbonne. Pour celles et ceux qui ont vécu cette expérience ou qui la prolongeront, le choix du thème et des intervenants, la préparation de la séance et son animation fournissent une  occasion précieuse de formation professionnelle, indépendamment du bénéfice intellectuel de la communication. Ces "séminaires des doctorants" constituent la matière principale de cette publication. Ils reflètent bien sûr imparfaitement le foisonnement des recherches menées au sein des formations doctorales puisqu'il a bien fallu s'en tenir à trois thèmes. Dès la prochaine rentrée de l'École doctorale, dirigée désormais par  Claude Gauvard, on verra apparaître d'autres terrains de convergence, Mais tels quels, ces textes donnent une image vraisemblable de la production historique des plus récents chercheurs à Paris 1.
    Hypothèses 1997 se fait aussi l'écho d'autres manifestations organisées par l'École doctorale. La tablerons sur l'historiographie allemande a voulu répondre au besoin de connaître une école historique proche mais bien peu familière aux étudiants. Elle s'est attachée à décrire les caractères originaux de la recherche historique outre-Rhin autant que les effets déjà décelables de l'unification. Les liens de notre UFR avec la Mission historique française en Allemagne, à Göttingen, ainsi qu'avec l'Institut Marc-Bloch de Berlin nous donnaient évidemment un avantage de position. En ayant commencé peut-être par le plus facile, l'École doctorale souhaite prolonger cette initiative pour éclairer l'actualité de telle ou telle école historique étrangère. Chacun en ressent la nécessité : le provincialisme culturel ne menace pas que les débutants. Deux stages ont été montés cette année, l'un d'initiation à la lexicographie informatisée, l'autre, d'iconographie historique. Ces opérations lourdes, pour un nombre limité d'étudiants, n'ont de sens que si elles ouvrent sur une pratique ou au moins sur des contacts ultérieurs entre des stagiaires et des intervenants. Enfin, la Journée de l'École doctorale. Plusieurs D.E.A. ont depuis longtemps adopté cette formule qui a l'avantage de mobiliser de jeunes chercheurs autour d'un thème, dans une sorte d'enseignement mutuel. L'enjeu ici est différent. Il s'agit plutôt de faire apparaître une convergence de travaux, qui risquerait de rester autrement à l'état virtuel,  des enseignants chercheurs de notre UFR. L'histoire intellectuelle aura servi de banc d'essai. Mais le souci n'a pas été seulement de créer cette convergence, ni même de la rendre visible à l'extérieur. La Journée ne se concevait pas sans l'apport d'autres historiens, d'autres sciences sociales. Ce sera notre manière de contribuer, avec beaucoup d'autres, à maintenir ouvertes les portes de notre établissement et de notre discipline.

    Denis WORONOFF


    Sommaire de Hypothèses 1998

    Préface Claude GAUVARD

    L'individu et la guerre
    Séminaire de l'École doctorale coordonné par Sylvain VENAYRE
     

  • L'individu dans la guerre. Remarques historiographiques Sylvain VENAYRE
  • De l'individualité du soldat dans la défense de l'Attique (IVe et IIIe siècles av. J.-C.) Jean-Christophe COUVEHNES
  • Bravoure, norme et autorité en Castille au XVe siècle François FORONDA
  • L'individu, la guerre et la Révolution française Patrice LECLERCQ
  • La première guerre mondiale dans l'histoire de l'aventure : rupture ou apogée ? Sylvain VENAYRE
  • Des guerres civiles et des individus au Burundi et au Rwanda (1993-1996) Christine DESLAURIER
  • L'individu et la guerre. Conclusion Nicolas RICHER
  • L'individu dans la guerre. Discussion

  • Le paysage
    Séminaire de l'École doctorale coordonné par Samuel LETURCQ
     

  • Le paysage. Introduction Samuel LETURCQ
  • De la morphogénèse aux paysages : un exemple de recherche de géographie physique en Grèce du Nord Laurent DESPEZ
  • L'archéologie du paysage à la conquête des milieux forestiers, ou l'objet paysage vu par l'archéologue de l'environnement

  • François DUCEPPE-LAMARRE
  • Le paysage beauceron d'après l'oeuvre de Suger. Force et faiblesse d'une source littéraire pour l'étude d'un paysage Samuel LETURCQ
  • Reconstitution des paysages autour de Lucques, VIIIe-Xe siècles Anne MAILLOUX
  • Le paysage. Conclusion Patrice BECK

  • Les clientèles
    Séminaire de l'École doctorale coordonné par Christophe PIEL
     

  • Les clientèles, entre sciences sociales et histoire. En guise d'introduction Christophe PIEL
  • Les clientèles, le triomphe et l'espace civique à Rome aux deux derniers siècles de la République Jean-Luc BASTIEN
  • Clientèles nobiliaires et pouvoir royal. Les Estouteville, de l'occupation anglaise à la Ligue du Bien Public (vers 1415 - vers 1465) Christophe PIEL
  • Clientélisme et construction monarchique. La clientèle du duc de Nevers dans la seconde moitié du XVIe siècle Ariane BOLTANSKI
  • Clientèles et rupture révolutionnaire : le Venezuela et ses caudillos (1810-1826) Clément THIBAUD
  • Ba-Za et Kaya-Wa dans les communautés villageoises Bwa de 1887 à 1934 : relation clientélaire ? Philippe LEMOINE
  • Les clientèles. Conclusion Katia BÉGUIN

  • L'objet
    Journée d'étude de l'École doctorale organisée par Denis WORONOFF
    L'image à la carte : la cartographie historique sur ordinateur, 3 et 4 juin 1998
    Stage animé par Giulio ROMERO
    Thèses et habilitations à diriger des recherches soutenues en 1997-1998
     Sujets de thèses déposés en 1997-1998

    Préface

    En 1998, les travaux collectifs de l'École doctorale d'histoire se sont situés dans la perspective ouverte par mon prédécesseur, Denis Woronoff: donner la parole aux doctorants et aux professeurs responsables des recherches en proposant des rencontres transversales qui assurent l'unité du champ historique et permettent à chacun de mieux comprendre et de respecter la spécificité des périodes qu'ils étudient. Le but est de créer une réflexion méthodologique d'ensemble afin que saute le verrou des cloisonnements entre les périodes qui sont par ailleurs inévitables, voire nécessaires à l'efficacité de la recherche. Celle-ci s'épanouit par ailleurs dans les séminaires et les enseignements qui alimentent avec succès les sept DEA qui composent l'École doctorale d'histoire de l'Université de Paris 1. Ainsi se nouent des liens entre jeunes chercheurs, qui se prolongent au-delà de l'École doctorale et prennent la forme de nouvelles publications, ébauchant le profil d'une génération d'intellectuels aux préoccupations communes1.
     Les thèmes de trois séances ont été retenus en raison des préoccupations propres aux doctorants eux-mêmes, le noyau d'organisation étant principalement, mais sans aucune exclusive, assuré par les allocataires de recherches qui ont la chance de bénéficier de conditions favorables pour mener à bien leur thèse. Une attention particulière est apportée à la mise en perspective historiographique du thème envisagé et à la définition des termes qu'il recouvre. L'introduction, en général confiée au coordinateur, doit dégager les éléments principaux. Suivent les exposés : ils approfondissent, par des exemples précis, les problèmes posés par le sujet ; on peut seulement regretter que leur déroulement adopte encore un ordre trop frileusement chronologique ! Enfin, la conclusion est confiée à un jeune collègue, dont l'expérience permet de dominer l'ensemble.
     « L'individu et la guerre », sous la responsabilité de Sylvain Venayre (histoire contemporaine), a donné lieu à des débats animés où se sont dégagées les perspectives d'une histoire plus sensible que par le passé au poids de la psychologie (individualisation et individualisme du soldat dans une entreprise par essence collective), à l’étude des valeurs (la bravoure, le goût de l’aventure) et aux finalités que l’individu peut donner à la guerre, d’où la différence entre le combat et la violence.
     Une telle réflexion a été stimulée par les comparaisons chronologiques, mais aussi spatiales, et en particulier par l'apport de l'histoire africaine contemporaine, riche de ses liens avec l'anthropologie. Le second thème, relatif au « paysage » était sous la responsabilité de Samuel Leturcq (histoire médiévale). Historiens, archéologues et géographes ont confronté les mots, les traces et les objets. La séance a bien montré comment l'histoire rurale traditionnelle s'infléchit actuellement en une histoire de l'environnement. Il s'en dégage un certain nombre de difficultés que n'éludent pas les jeunes chercheurs. Comment saisir le paysage, alors que les témoins l'ont modelé sans le percevoir comme une entité ? Si le rapport terres cultivées/forêts est assez facile à reconstituer, l'histoire des terres cultivées reste tributaire d'une approche sophistiquée où tous les outils sont nécessaires à l'historien. La dernière séance, relative aux « clientèles », sous la responsabilité de Christophe Piel (histoire médiévale) ouvrait sur la richesse des apports de l'anthropologie à l'histoire. Les réflexions sur la parenté et sur le don ont permis de ne pas réduire le clientélisme à des fonctions strictement politiques ou économiques, mais de montrer comment ce type de relations était au coeur du lien social. La réciprocité des échanges n'est-elle pas source d'ambiguïté, faisant aussi du maître un obligé ?
    La séance organisée par les enseignants chercheurs de l'École doctorale était consacrée à « l'objet », et elle avait lieu à l'initiative de Denis Woronoff. Préparée grâce à un ensemble de résumés, ouverte à des chercheurs extérieurs à l'Université de Paris 1, elle a réuni un grand nombre de champs historiques pour saisir l'objet sous toutes ses faces. Le but était de montrer que la culture matérielle dont l'objet est le témoin privilégié, comme l'usage technique qui peut en être fait et le transforme en instrument, ne peuvent pas se séparer du sens que lui confère sa création par l'homme. L'objet a donc une histoire en soi, celle de sa composition, de ses formes, de son devenir en tant que matière ; mais il a aussi une histoire pour l'homme, qui commence dès la perception que celui-ci en a et se poursuit jusque dans les rituels pour créer une pensée symbolique et religieuse (l'objet sacral- limite étant la relique ou l'objet-fétiche), et cela dès l'époque préhistorique. Cette double approche marque l'ensemble des communications. Mais il s'est agi aussi de comprendre, de façon subtile, ce que produit l'échange d'objets dans une société donnée. Cette circulation irrigue le lien social d'une façon qui est loin d'être innocente et égalitaire. Elle entre dans la définition des pouvoirs et des supériorités si bien que l'objet crée ou conforte les hiérarchies. Il donne sens au corps social. Ainsi a-t-on glissé de l'histoire de l'objet à celle de son usage, tant il est vrai que le territoire de l'historien est celui des réseaux et des dynamismes que crée l'homme, animal social, de façon directe ou simulée, par l'intermédiaire ici de sa propre production.
    Enfin, l'École doctorale s'est efforcée de participer à la formation des doctorants lors de stages qui ont été largement suivis. Le stage d'informatique qu'anime Giulio Romero (Paris 1) a porté sur la cartographie et sur les systèmes d'information géographique qui peuvent être utiles aux historiens. Il s'agissait principalement d'apprendre à utiliser un moteur de recherche sur Internet afin de trouver des fonds de carte, autant d'acquis dont le maniement peut faciliter le travail des jeunes chercheurs. Enfin, un stage de lectures d'images a été, cette année encore, assuré par Jean-Claude Schmitt (EHESS).
    Mes remerciements vont à tous les collègues qui ont contribué au succès des travaux entrepris pendant cette année universitaire, à Christine Deslaurier qui a assuré l'essentiel du secrétariat scientifique, aux Publications de la Sorbonne et en particulier à Élisabeth Mornet sans laquelle la publication d'Hypothèses 1998 n'aurait pas pu être menée à bien. Ils vont enfin à ces jeunes chercheurs qui ont pris leurs premières responsabilités dans le monde de la recherche en histoire : leur enthousiasme et la qualité de leur travail sont le meilleur des encouragements.

    Claude GAUVARD

    1. Par exemple, Nicolas OFFENSTADT, qui a coordonné la séance sur les rituels en 1997, a aussi dirigé Pouvoirs et information dans Cahiers d'Histoire, revue d'histoire critique, 66 (1997). Quant à Thierry KOUAMÉ et Stéphane VAN DAMME, ils ont assuré la publication du numéro 71 (1998) des Cahiers d’Histoire, revue d'histoire critique, consacré au thème Enseignants et Société, qui se situe dans la prolongation de la séance sur la sociabilité des intellectuels (Hypothèses 1997).


     

    Sommaire de Hypothèses 1999

    Préface Claude GAUVARD 

    Histoire des catastrophes
    Séminaire de l'École doctorale coordonné par Grégory QUENET et Benoît ROSSIGNOL 

    • La catastrophe un objet historique Grégory QUENET 
    • Récit et mémoire d'une catastrophe : l'exemple de la bataille de Cannes Xavier LAPRAY
    • La peste antonine (166 AP. J.-C.) Benoît ROSSIGNOL
    • Le tremblement de terre de Bordeaux du 10 août 1759 vu par un compagnon vitrier Grégory QUENET
    • Fédérer l'Europe ou subir une nouvelle catastrophe. Le discours européen de Georges Scelle dans les années vingt Jean-Michel GUIEU 
    • Les risques naturels et l'historien. Études, expériences et perspectives Sylvain GACHE
    • En forme de conclusion Jacques BERLIOZ 
    Témoins et témoignages
    Séminaire de l'École doctorale coordonné par Thomas GOMART
    • Témoins et témoignages Yves MAUSEN et Thomas GOMART 
    • La valeur du témoignage dans la géographie arabe au Moyen Âge Emmanuelle TIXIER-CACERES 
    • Officium testis : au service de la vérité. Aperçus sur le témoin judiciaire médiéval Yves MAUSEN
    • Discerner la folie des criminels au XIXe. Le recours à l'expert Laurence GUIGNARD
    • Quel statut pour le témoignage oral en histoire contemporaine ? Thomas GOMART
    • Débat Le témoignage historique : document ou monument ? Renaud DULONG 
    L'acculturation
    Séminaire de l'École doctorale coordonné par Cécilia COURBOT
    • De l'acculturation aux processus d'acculturation, de l'anthropologie à l'histoire. Petite histoire d'un terme connoté Cécilia COURBOT
    • Le rôle de l'emporion de Narbonne dans l'acculturation de la Gaule méridionale du IIe siècle avant J.-C. au Ier après J.-C. Maria Luisa BONSANGUE 
    • De la ferme indigène à la villa gallo-romaine. Facteurs d'évolution et acculturation des établissements ruraux du Nord-Ouest de la Gaule Cécilia COURBOT 
    • Les structures politiques et administratives du duché de Lorraine sous Charles II (1390-1431). Un exemple de résistance à l'acculturation ? Christophe RIVIERE 
    • Histoire africaine et acculturation. les transpositions de modèles associatifs ruraux en ville (Burkina Faso) Florence BOBIN
    • L'homosexualité au Buganda, une acculturation peut en cacher une autre Henri MÉDARD
    Centre et Périphérie
    Séminaire de l'École doctorale coordonné par Georges SAUNIER 
    • Quelques réflexions sur le concept de Centre et Périphérie Georges SAUNIER
    • Le système des conventus juridici dans l'Asie romaine. Créations de nouveaux centres ? Anna HELLER 
    • Constantinople et la province de Cappadoce aux premiers siècles de l'Empire byzantin Sophie MÉTIVIER 
    • Le diocèse de Meaux aux XIIe et XIIIe siècles. La construction d'un espace tiraillé entre plusieurs centres ou le caractère multiple des périphéries Christine BARRALIS 
    • Le fonctionnement de la cour de Versailles. Une modélisation des notions de centre et périphérie Frédérique LEFERME-FALGUIÈRES 
    • La Communauté européenne comme nouveau centre ? Georges SAUNIER
    • Conclusion Christine BARRALIS et Frédérique LEFERME-FALGUIÈRES
    Notions d'Europe
    Journée d'études de l'École doctorale organisée par Robert FRANK
    Thèses et habilitations à diriger des recherches soutenues en 1998-1999
    Sujets de thèses déposés en 1998-1999

    Préface

    Les thèmes abordés par l'École doctorale d'Histoire de l'Université Paris I, Panthéon-Sorbonne, lors des journées d'études prévues pendant l'année universitaire 1999, sont particulièrement ouverts. Ils le sont en premier lieu du point de vue de la durée historique qui a pu être traitée. Ces rencontres marquent l'entrée en force du temps long, grâce à la participation active des spécialistes d'histoire contemporaine dans l'organisation de l'École, qu'il s'agisse des rencontres organisées par les doctorants ou de la journée d'études dont Robert Frank, professeur d'histoire contemporaine, spécialiste de l'histoire des relations internationales, a bien voulu assurer la responsabilité, sur le thème " Notions d'Europe ". Cette évolution mérite d'être soulignée et elle est particulièrement bénéfique pour les doctorants. Elle permet de montrer l'unité de l'objet historique, quelle que soit la période envisagée ; elle contribue à faire sauter les barrières entre les périodes et elle confirme que la réflexion des historiens doit s'insérer dans un temps qui s'engage jusqu'à nous. Mais, si cette méthode est fructueuse, elle n'est pas sans danger. Le plus grave et le plus évident de ces dangers consisterait dans ce que ces confrontations entre spécialistes cherchent systématiquement une origine ou une genèse à nos comportements actuels, faisant des périodes les plus anciennes le temps obligé d'une gestation, éventuellement rangé dans le monde des mythes où il deviendrait facilement un âge d'or ou, au contraire, un âge de fer. Cette quête des origines a été soigneusement dénoncée et, nous l'espérons, évitée. Le but de ces comparaisons entre les périodes est plutôt de tenter de saisir les continuités éventuelles du temps long et l'inflexion historique que confère chaque période et chaque spécialité au sein même de la période. Le choix conceptuel, qui a été adopté dans certaines introductions, comme celle qui ouvre la séance réservée à l'acculturation, marque donc soigneusement, de façon volontairement scolaire, quelles sont l'unité et la diversité du thème, en suivant un rythme chronologique. Le but est, au premier chef, d'apprendre à manier le temps. Ces rencontres ouvrent sur une autre réflexion, qui n'est pas moins difficile à appréhender, puisqu'il s'agit des différences entre les cultures. Plusieurs thèmes, cette année, se prêtaient à des comparaisons fructueuses, fondées sur l'existence des spécialités qui existent au sein même de l'École doctorale, comme l'histoire de l'Afrique et celle des Mondes orientaux médiévaux. L'apport des communications sur ces mondes orientaux et africains est de ce point de vue éclairant. Le piège aurait été de considérer l'Empire byzantin ou l'Afrique Noire contemporaine comme des zones de comparaison exotique ou à usage strictement anthropologique. Inséré dans l'étude des témoignages, dont l'oralité peut être très utilement comparée à celle des sources collectées en histoire contemporaine française, le monde africain entre de plein pied dans la réflexion historique. Il y entre aussi, très naturellement, par le biais de l'acculturation, dans une comparaison utile menée avec le monde antique. Ces lieux aux civilisations différentes s'inscrivent alors dans une démarche historique qui apparaît dans toute son exigence, à commencer par la collecte et la critique des sources. Quant aux concepts employés pour traiter l'histoire de ces mondes lointains, ils rejoignent facilement ceux qui sont utilisés dans des domaines dits classiques, qu'il s'agisse de la France médiévale ou de celle du Grand Siècle. Enfin, ces rencontres se sont encore une fois enrichies d'apports extérieurs. Ils sont en général empruntés à d'autres disciplines, comme la géographie pour l'histoire des catastrophes et pour celle des rapports entre le Centre et la Périphérie, l'anthropologie pour l'acculturation, le droit et la sociologie pour l'étude relative aux témoins et au témoignage. Cette approche est souvent l'occasion pour les doctorants de faire le point bibliographique dans des domaines qui leur sont extérieurs et de comprendre comment la recherche menée dans d'autres disciplines que l'histoire a pu influencer celle-ci et infléchir l'historiographie. Chaque introduction aux différents thèmes fait donc soigneusement le point en ce domaine. Cette année, des spécialistes venus d'autres disciplines et d'autres universités ont enrichi le débat, qu'il s'agisse de doctorants ou de chercheurs confirmés. L'École doctorale a beaucoup appris à leur contact et elle les remercie chaleureusement de leur participation. Pour conclure, il reste plusieurs souhaits à formuler. Le premier est de continuer dans cette voie, en conservant à la fois l'enthousiasme et la rigueur. L'une et l'autre de ces qualités ne manquent pas et les doctorants ont compris à quel point ces rencontres pouvaient être bénéfiques à leurs recherches, mais aussi à leur propre conception de l'Histoire. Au moment où se développent, de fait, les études ponctuelles fondées sur une recherche nécessairement courte et limitée dans le temps de la thèse, puissent-ils hésiter désormais à penser que tout commence avec leur période, leur spécialité et leur sujet ! Restent les difficultés. Les stages mis en œuvre par Giulio Romero permettent de maîtriser l'outil informatique. Ils sont suivis par les doctorants et par les étudiants de DEA, mais ils devraient l'être davantage, pour le plus grand bien des recherches. Une thèse, même courte, ne peut pas se priver d'outils quantitatifs. D'autres stages doivent être organisés, mais, en sciences humaines, la demande reste trop timorée. Enfin, la diffusion de l'information relative à l'École doctorale est encore un handicap. La publication d'Hypothèses s'avère confidentielle, sans doute parce que les Centres de recherche de l'École doctorale n'assurent pas la diffusion de façon assez dynamique. Paradoxalement, le nombre important de doctorants et d'étudiants en DEA de l'École doctorale d'Histoire ne facilite pas la communication, en raison de leur dispersion. Des relais doivent donc être assurés : nous comptons sur les directeurs de recherche et sur les étudiants qui ont le mérite, mais aussi la chance, de bénéficier d'une allocation de recherche. Nous comptons aussi sur les effets bénéfiques de la révolution technologique. Grâce à Christine Ducourtieux, ingénieur d'études, qui consacre une partie de son activité au sein de l'Université au suivi de l'École doctorale, un site vient d'être créé, qui donne toutes les indications sur les activités de l'École. Christine Ducourtieux et Élisabeth Mornet pour les Publications de la Sorbonne ont aussi largement participé à la réalisation de ce numéro d'Hypothèses 1999. Qu'elles en soient l'une et l'autre remerciées. Car l'historien doit aussi transmettre son savoir et la qualité du récit fait partie de l'apprentissage de son métier.

    Claude GAUVARD

     

    Sommaire de Hypothèses 2000

    Préface  Claude GAUVARD
     

    La biographie 
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Laurent AVEZOU

    • La biographie. Mise au point méthodologique et historiographique Laurent AVEZOU
    • La Vita Aureliani. Approche critique d’une source biographiquede la fin du IVe siècleValérie ALLARD
    • Biographie et prosopographie. Le cas des copistes français aux XIVe et XVe siècles Émilie COTTEREAU
    • Sully/Richelieu. Deux mythes en parallèle Laurent AVEZOU
    • Critique de l’oraison pure. Les conditions de possibilité d’une bio-graphie universitaire Alain SOUBIGOU
    Les élites 
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par FrédériqueLEFERME-FALGUIÈRES et Vanessa VAN RENTERGHEM 
    • Le concept d’Élites. Approches historiographiques et méthodolo-giques Frédérique LEFERME-FALGUIÈRES, Vanessa VAN RENTERGHEM 
    • La seconde sophistique dans les cités d’Asie Mineure. Un facteurde reclassement au sein des élites localesAnna HELLER
    • Les élites dans le monde arabo-musulman médiéval. L’exemple deBagdad sous les Seldjoukides Vanessa VAN RENTERGHEM
    • La noblesse de cour aux XVIIe et XVIIIe siècles. De la définition àl’autoreprésentation d’une élite Frédérique LEFERME-FALGUIÈRES
    • Sociabilité mondaine, sociabilité des élites ? Les salons parisiensdans la seconde moitié du XVIIIe siècle Antoine LILTI
    • Les stratégies de reclassement des élites arabes et indiennes àDar-es-Salaam durant la colonisation allemande (1891-1914) Franck RAIMBAULT
    • Approche des élites. Quelques réflexions de méthode Houari TOUATI
    La négociation 
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Pierre JOURNOUD 
    • La négociation politique internationale. Introduction Pierre JOURNOUD
    • Les prémices de la négociation entre Rome et le Royaume numidependant la seconde guerre puniqueInnocent KATI-COULIBALY
    • Le rôle d’une « tierce-partie » dans l’ouverture d’une négociation de paix. La France et la guerre du Vietnam (1965-1969) Pierre JOURNOUD
    • La négociation diplomatique dans le cadre du règlement pacifiquedes différends. Théorie et pratique du droit international Leïla CHOUKROUNE
    • Négociation et religion. L’exemple de la diplomatie pontificale enFrance durant les guerres de Religion Bertrand HAAN
    • La conclusion des traités à l’ère carolingienne. Une négociation« internationale » ?Rodolphe DREILLARD
    • L’institutionnalisation d’une négociation. La ritualisation de lapaix de Westphalie (1648)Claire GANTET
    • Remarques finales Jean-Claude ALLAIN
    Ces obscurs fondements de l’autorité 
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par François FORONDA 
    • Quelques mots d’introduction François FORONDA
    • Périclès, une Vie en clair-obscur. L’inaccessible transparence dupolitiqueVincent AZOULAY
    • La vie quotidienne à l'Élysée au temps de François Mitterrand Georges SAUNIER
    • Entre le prince et la cour. L’administration financière sous les grands-ducs de Toscane (XVIe-XVIIe siècle) Hélène CHAUVINEAU
    • Du « dit au roi »  au « dit royal ». Traces et transformations de laparole au roi dans la Castille de la fin du XVe siècle François FORONDA

    • Des fondements de l’autorité aux pratiques du pouvoir. Conclusions Patrick BOUCHERON
    La rumeur 
    Journée d’études de l’École doctorale organisée par Jean-Marie BERTRAND et Pauline SCHMITT 
    • Pour ouvrir le bal Pierre VIDAL-NAQUET
    • Rumeurs et silences. Les trajets des sens, les parcours du direEni ORLANDI
    • Rumeur et politique dans la cité grecque à l’époque classique Sophie GOTTELAND
    • Rumeurs et gens de guerre dans le royaume de France au milieu duXVe siècle Claude GAUVARD
    • La patrie en danger, rumeur et loiSophie WANISCH
    • « Bruits alarmants » et « fausses nouvelles » dans la France duXIXe siècle (1814-1870) François PLOUX
    • Historicité de la rumeur. La rupture de 1902Pascal FROISSART
    • Conclusion Jean-Marie BERTRAND et Pauline SCHMITT
    Thèses et habilitations à diriger des recherches soutenues en1999-2000
    Sujets de thèses déposés en 1999-2000

    Préface

    Les différentes séances de l’École doctorale d’Histoire, qu’elles soient organisées par les doctorants eux-mêmes ou par les enseignants qui les encadrent, frappent cette année par leur grande homogénéité : sous des formes diverses, il s’agit d’histoire politique, ce qui signifie que, quelle que soit la période considérée, le thème est à la mode. Est-ce un phénomène de génération, le fruit d’une école historique française qui n’aurait plus honte de dire et d’écrire qu’elle ne considère plus la sphère du politique comme l’épiphénomène des grands bouleversements économiques et sociaux ? Cette vision serait trop simple, qui consisterait à penser que l’histoire politique se nourrit des défaillances réelles ou supposées de l’histoire économique ou sociale. Les interrogations et les résultats auxquels aboutissent les doctorants montrent plutôt que les questions qu’ils se posent ont changé l’approche du politique. Certes, au cœur du débat se profilent les événements et les hommes, et au premier rang ceux qui, par leurs responsabilités, agissent sur le cours de l’Histoire, grands hommes ou groupes socio-politiques à qui on a donné le nom commode d’élites. Mais la façon de cerner leur supériorité a changé. Dans la biographie d’un homme, il est aussi important de cerner la part de ses actes et de ses intentions que l’image qu’il donne à voir et que lui donnent les contemporains, puis, après eux, les historiens. On est convaincu que Richelieu ou Henri IV sont aussi influents par la réalité de leur vie que par la légende qu’ils ont fait naître. Cette constatation revient à montrer que l’histoire politique ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur la place qu’occupe l’opinion publique dans l’Histoire. 
    Certes, ces grands hommes jouent de l’opinion, ils peuvent même la manipuler par le biais d’une propagande bien orchestrée. Certes, les élites ne laissent guère de marge à l’expression du peuple. Mais le rapport établi entre les détenteurs du pouvoir et les autres est plus subtil qu’il n’y paraît. La journée consacrée à La rumeur, organisée par Jean-Marie Bertrand et Pauline Schmitt, le montre bien. Sa publication s’imposait ici, étant donné les résonances que ce thème entretient avec les autres séances de l’École doctorale. Car cette parole qui vole vient le plus souvent du bas, des fonds, de la voix non-officielle de ceux qui ont besoin, à un moment donné, de s’exprimer en dehors des cadres pré-établis. La rumeur échappe aux assemblées, aux lois, aux cadres rigides de l’État. Est-elle pour autant totalement libre de ses mouvements ? Son expression structurée par des normes plus ou moins implicites en fait un langage politique, mais il a la particularité de venir buter sur le pouvoir en place et de s’exprimer, face à lui, comme une requête plus ou moins confuse, voire d’amorcer la menace d’une rébellion. Il apparaît donc qu’un mouvement, qu’on peut considérer comme dialectique, existe entre le bas et le haut de l’échelle politique. Cette opinion publique, aux contours sociaux flous, pèse sur le pouvoir, mais elle peut se nourrir des fantasmes relatifs à l’exercice du pouvoir. 
    Qu’est-ce que le pouvoir ? L’interrogation court en filigrane dans ces recherches de jeunes historiens qui n’ont pas peur de remettre les concepts à leur juste place. Il n’y a ni Paix, ni Guerre, ni Majesté, ni État, et à peine d’Institution. Toutes ces notions sont en devenir, avec leurs zones d’éclat et d’ombre, d’avancées et de repentirs. La doctrine en sort pulvérisée, ou plus exactement remise à sa juste place, au rang des idées et des idéaux, un viatique nécessaire pour l’Homme. Mais ce sont des hommes, en chair et en os, qui négocient, et pas seulement lors des manifestations officielles. Les hommes de l’ombre agissent puissamment et il est significatif que Raymond Aubrac, qui nous a fait l’honneur d’apporter son témoignage, ait été à la fois l’homme de la Résistance et celui des négociations secrètes au Vietnam. Loin d’être indigne, cette part d’ombre est nécessaire à un pouvoir que l’absolu imaginaire et réel de sa tâche expose et fragilise en l’isolant. Elle a aussi ses rituels et ses codes et, même si elle s’accommode du secret, elle obéit à la déontologie que nécessite tout service public. Dans ces conditions, il était logique de terminer en s’interrogeant sur « Ces obscurs fondements du pouvoir », pour réfléchir aux composantes de cette opacité. La leçon est simple : toute prise de décision résulte d’une course d’obstacles où s’entremêlent le temps et l’argent. Les hommes en font leur miel, sans que le scandale soit pour autant au cœur de l’action. Ceux que les historiens anglo-saxons appellent les courtiers du pouvoir, powerbrokers, sont d’indispen-sables relais pour que se prennent les décisions. À ce jeu, ils s’enrichissent ou se brûlent les ailes, fondent des lignées de serviteurs de l’État ou se heurtent aux sanctions de la justice. Le phénomène gagne à avoir été étudié sur la longue durée. Les périodes anciennes et médiévales permettent d’éclairer celles que nous vivons. Non qu’elles préparent à une fin dernière, qui serait celle de l’Histoire au présent. Le fonctionnement de l’École doctorale, en brisant les chaînes chronologiques pour mieux réfléchir sur les outils et sur les buts de l’historien, récuse cette histoire déterministe que sous-tendrait l’idée d’une avancée ou d’un progrès. Les périodes anciennes et médiévales, avec leurs rituels bien marqués, du baiser et du vin partagé, de la supplication ou de la requête, voire de la révolte, y compris quand il s’agit des actions de l’ombre, découpent à cru les fonctionnements du pouvoir, comme des modèles. Ainsi, et pour revenir au point de départ de cette brève introduction, se profile une histoire renouvelée du politique, conçue finalement comme une histoire complexe d’où émerge cette vertu qu’est l’obéissance.
    Les doctorants, qui s’engagent dans l’aventure comparée sans perdre de vue la spécificité chronologique de leur recherche, ont la gentillesse de dire combien ils ont appris de ces séances, par la rigueur de la réflexion et l’ouverture qui leur sont offertes. Ils ont pu y côtoyer des historiens prestigieux et ils ont le privilège, dans cette publication, d’inscrire leur nom aux côtés des leurs. Des stages sont venus, comme chaque année, compléter la formation de ces jeunes chercheurs, en particulier dans le domaine informatique, sous la responsabilité de Giulio Romero. Le site de l’École doctorale est de plus en plus fréquemment consulté. Christine Ducourtieux l’a réalisé et elle en poursuit avec enthousiasme la remise à jour. Le secrétariat qu’assure Suzanne Gaudens permet une meilleure coordination des activités. Enfin, sans l’efficacité d’Élisabeth Mornet aux Publications de la Sorbonne, l’effort que manifeste le Conseil scientifique de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne en subventionnant la parution de la revue Hypothèses, malheureusement trop confidentielle, ne pourrait pas être suivi d’effets. Mes remerciements vont donc à tous ceux qui ont fait en sorte que ces échanges intellectuels aient été possibles et, à leur contact, meilleurs.

    Claude GAUVARD


     

    Sommaire de Hypothèses 2001

    Préface  Claude GAUVARD
     

    L'espace et l'histoire
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Marie Saudan

    • Marie Saudan, Géographie historique. Histoire d’une discipline controversée ou repères historiographiques
    • Olivier Viron, Géopolitique de l’Irlande médiévale (600-1200)
    • Nicola Peter Todorov, La division cantonale dans le royaume de Westphalie. Instrument de la politique réformatrice napoléonienne
    • Marie Foucard, Les découvertes géographiques et la perception de l’espace maritime à la fin du XVIIe siècle. L’exploration des terres inhabitées du détroit de Magellan (1698-1701)
    • Marie Saudan, Éléments de géographie monétaire du Massif central du IXe au XIe siècle

    Jean-Robert Pitte, La géographie au service de l’histoire
    .

    .
    Histoire et images

    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Nicolas Pierrot

    • Nicolas Pierrot, Histoire et images. Introduction : les fonctions de l’image
    • Dominique Donadieu-Rigaud, Les « arbres-ordo» ou la complexité organique des ordres religieux
    • Nicolas Pierrot, Mulhouse, berceau de l’imagerie industrielle. Origines, transmission et fonctions des Manufactures du Haut-Rhin
    • Sylvia Estienne, Temples et figures divines sur les monnaies romainesPatricia Subirade, Le verbe et l’image. L’Église de Besançon et les images du XVIe au XVIIIe siècle
    • Laurence Coulon, Les caricatures et le conflit israélo-arabe
    • Caroline Moine, Le film documentaire d’Allemagne de l’Est, mémoire de quelle réalité ?
    • Jean-Claude Schmitt, Conclusion


    Le héros fondateur

    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Pierre Boudrot

    • Pierre Boudrot, Le héros fondateur
    • Laurent Avezou, Le tombeau littéraire de Richelieu. Genèse d’une héroïsation
    • Pierre Boudrot, Robert Burns, héros de la nation écossaise, fondateur de son identité collective
    • Philippe Akar, Camille et la Concorde
    • Anne Pallud, Publius Valerius Publicola. Ami du peuple et fondateur d’une république oligarchique
    • Daniel Fabre, Le retour des héros
      .

    Donner et recevoir
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Julie Mayade-Claustre

    • Julie Mayade-Claustre, Le don. Que faire de l’anthropologie ?
    • Catherine Saint-Pierre, Don et économie en Grèce archaïque
    • Rodolphe Dreillard, Regii apparates atque munera. Dons et contre-dons entre souverains francs et étrangers (VIIIe-IXe siècles)
    • Julie Mayade-Claustre, Donner ou prêter ? Un dossier des accords du Parlement de Paris au début du XVe siècle
    • Marie-Laure Derat, Le banquet à la cour d’Éthiopie au XVe siècle. Dons forcés et contreparties
    • Emmanuel Fureix, Souscrire pour les morts. Un don politique sous la Restauration et la Monarchie de Juillet
    • Florence Weber, Formes de l’échange, circulation des objets et relations entre les personnes

    .
    L'émotion en politique

    Journée d’études de l’École doctorale d’histoire organisée par Maïté Bouyssy

    .

    • Maïté Bouyssy, L’émotion en politique, une historiographie entre ostracisme et renouveau
    • Jean-Michel David, L’émotion dans les récits de l’histoire de la République romaine. Tite-Live, Denys d’Halicarnasse et quelques autres
    • Barbara H. Rosenwein, Émotions en politique. Perspectives de médiéviste
    • Vincent Challet, Émouvoir le prince. Révoltes populaires et recours au roi en Languedoc vers 1380
    • Benoist Pierre, Émotion religieuse et ordre monarchique. Du prince et des passions humaines chez les Feuillants au début du XVIIe siècle
    • Corinne Legoy, La louange déchirée. Clameurs, injonctions et provocations de poètes
    • Pierre Karila-Cohen, Les fonds secrets et autres comptes d’angoisse. Exercice du pouvoir et peur sous la monarchie censitaire
    • Alain Corbin, Conclusion 

    Thèses et habilitations à diriger des recherches soutenues en 2000-2001
    Sujets de thèses déposés en 2000-2001


     

    Sommaire de Hypothèses 2002

    Préface  Claude GAUVARD
     

    L'individu et les aventures du corps
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Christophe Granger

    résumé de la séance

    • Christophe Granger, L'individu et les aventures du corps. Pistes, enjeux, problèmes
    • Vincent Denis, Des corps de papiers. Fortune et infortunes du signalement, de Marc René d'Argenson à Eugène François Vidocq
    • Quentin Deluermoz, L'ordre incarné. Corps du policier en tenue et identité sociale, Paris, 1860-1880
    • Jacqueline Ceyte, La corporéité en Grèce archaïque. Un réseau socio-cosmique
    • Christophe Granger, Le corps en vacances. Culture somatique et sentiment de soi, 1930-1975
    • Déborah Cohen, Trois vies emprisonnées à la Bastille au XVIIIe siècle. Du discours du corps au discours sur les corps
    • Georges Vigarello, Histoire et modèles du corps

    Qu'est-ce que punir ?
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Catherine Goblot-Cahen
    résumé de la séance

    • Catherine Goblot-Cahen, Qu'est-ce que punir ?
    • Élodie Richard, La déportation comme alternative à la prison, un concours de l'Académie royale espagnole des sciences morales et politiques (1875)
    • Laurent Drugeon, Des peines arbitrées aux peines codifiées
    • Sébastien Hamel, Bannis et bannissement à Saint-Quentin aux derniers siècles du Moyen Âge
    • Catherine Goblot-Cahen, Les hérauts grecs agents et victimes de châtiments
    • Jean-Claude Farcy, Conclusion


    Les transferts culturels

    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Béatrice Joyeux

    résumé de la séance

    • Béatrice Joyeux, Les transferts culturels. Un discours de la méthode
    • Christelle Rabier, Les traductions françaises et britanniques de chirurgie (1760-1830) : supports de transferts ?
    • Vincent Damour, La théorie des transferts dans la religion gallo-romaine. L'exemple de Mars en Gaule lyonnaise
    • Béatrice Joyeux, Art moderne et cosmopolitisme à la fin du XIXe siècle. Un art sans frontières ?
    • Emmanuelle Vagnon, La réception de la Géographie de Ptolémée en Occident au XVe siècle. Un exemple de transfert culturel
    • François Villeneuve, Frontières et transferts culturels. Quelques notes d'un antiquisant

    Histoire et rhétorique
    Séminaire de l’École doctorale d’histoire coordonné par Antony Hostein

    résumé de la séance

    • Antony Hostein, Histoire et rhétorique. Rappels historiographiques et état des lieux
    • Olivier Delouis, Topos et Typos, ou les dessous vétérotestamentaires de la rhétorique hagiographique à Byzance
      aux VIIIe et IXe siècles
    • Antony Hostein, Panégyrique et revers monétaire. L'amplexus entre la cité et l'empereur
    • Laurent Coumel, Les appuis rhétoriques du pouvoir soviétique. Étude de quelques discours de Nikita Khrouchtchev (1958-1960)
    • Julien Gueslin, Genève ou le crépuscule des impérialismes ? Naissance d'une nouvelle rhétorique de la vie internationale
      dans la France de l'entre-deux-guerres
    • Laurent Pernot, Clio et Calliope

    Sujets de thèses déposés en 2002
    Thèses et habilitations à diriger des recherches soutenues en 2002

    ucourtieux
    le 17 avril 2003